LES EFFETS DE LA POLLUTION SUR LA PEAU

10/07/2020

DÉCOUVREZ CI-DESSOUS COMMENT LA POLLUTION IMPACTE LA PHYSIOLOGIE DE LA PEAU

La pollution de l'air est un problème majeur de santé environnementale, qui affecte tout à chacun. Que ce soit à Shanghai, à Paris ou à Londres, la pollution de l'air par les gaz d'échappement des voitures, la fumée des usines, la fumée des cigarettes, etc., est omniprésente.

Principale interface avec l'environnement extérieur, la bio- diversité des habitats de la peau est fortement influencée par la biodiversité des écosystèmes où elle réside.

LA POLLUTION PEUT AVOIR TOUTE UNE SERIE D'EFFETS SUR LA PEAU :

  • Elle peut rendre la peau grasse ou sèche.

  • Elle peut affaiblir la fonction de barrière de la peau.

  • Elle peut modifier le pH de la peau et la rendre plus acide.

  • Elle peut diminuer les taux d'antioxydants naturels de la

    peau, accélérant ainsi son processus de vieillissement.

  1. L'OZONE

    L'ozone - O3, existe dans l'atmosphère et la troposphère. Normalement, l'ozone se trouve à faible concentration au niveau du sol. La première cible de l'ozone est le stratum corneum, qui contient un taux élevé d'acides gras insaturés, avec la génération d'espèces réactives d'oxygène (ROS).

    La stimulation de l'ozone perturbe l'activité des métallo- protéinases matricielles (MMP), responsables de la dé- gradation des composants matriciels extracellulaires comme le collagène et l'élastine, impliqués dans le vieillissement extrinsèque de la peau. Une étude portant sur les données de presque 70.000 patients a démontré les liens entre l'exposition à l'ozone troposphérique et l'apparition d'urti- caires, d'eczémas et de dermatites de contact.

MATIERES PARTICULAIRES 

Les polluants de l'air contenant des combinaisons com- plexes et variées de particules, de tailles et de compo- sitions différentes en suspension dans l'air, sont définis comme « matières particulaires » (PM). Les usines, les centrales électriques, les incinérateurs de déchets, les voitures, les travaux de construction, les feux et la pous- sière naturellement soulevée par le vent sont les princi- pales sources de MP.

Les nanoparticules, particulièrement celles provenant de la circulation automobile, sont considérées comme les composants les plus nocifs de la MP ambiante, car leurs propriétés physiques spécifiques les rendent hautement réactives face aux surfaces et aux structures biologiques et induisent un stress oxydatif de la peau.

La génération de stress oxydatif par les MP contribue au vieillissement cutané extrinsèque. Les signes de vieillis- sement sont les taches sombres, les plis nasogéniens et les rides.

LES HYDROCARBURES AROMATIQUES POLYCYCLIQUES (HAP)

Les HAP sont des polluants organiques parmi les plus ré- pandus. Les principales sources de HAP atmosphériques sont les résidus de la combustion du bois, les gaz d'échap- pement des voitures (en particulier des moteurs diesel) et toutes les fumées provenant de la combustion de matières organiques (y compris la fumée de cigarette).

Les particules ambiantes (comme la suie) peuvent at- teindre les mélanocytes, libérer les HAP liés à une surface et/ou affecter directement les fonctions des cellules cuta- nées. Les HAP peuvent aussi provoquer des éruptions acnéiformes.

LES COMPOSÉS ORGANIQUES VOLATILS (COV)

'émission de COV provient de l'utilisation de solvants organiques dans les peintures, les vernis, etc. En présence de la lumière du soleil et de l'oxyde d'azote, les COV qui provoquent la formation de produits photochimiques oxydants au niveau du sol - principalement l'Ozone O3 - sont également appelés « smog photochimique d'été ».

La recherche sur des kératinocytes cultivés a démontré que l'exposition aux COV augmente les cytokines, qui à leur tour peuvent favoriser le développement de réactions inflammatoires et/ou allergiques comme la dermatite atopique ou l'eczéma.

LES OXYDES

Les oxydes d'azote sont émis principalement par des sources de combustion mobiles et fixes. Ils réagissent avec l'ozone ou les radicaux de l'at- mosphère, formant du dioxyde d'azote (NO2). Le NO2 est connu pour provoquer des dommages oxy- datifs consécutifs à la génération de radicaux libres. Le monoxyde de carbone (CO) est un autre polluant, issu de la combustion incomplète provenant de sources mobiles.

Le monoxyde de carbone affecte le métabolisme des cellules du fait de sa faculté à se lier au hème et à altérer ses fonctions et son métabolisme.
La plupart des polluants aériens agissent comme irritants non spécifiques.

LA FUMEE DE CIGARETTE

Parmi les principaux polluants ayant des effets sur la peau, il y a: les PAH, les COV, l'oxyde d'azote, matières particulaires (MP), l'ozone et la fumée de cigarette. Les polluants de l'air peuvent avoir des effets consi- dérables sur la peau humaine en favorisant son vieillisse- ment, l'apparition de derma- tites atopiques, la déshydrata- tion, l'acné et en perturbant la production de sébum

La fumée de cigarette est un aéro- sol très complexe qui contient des milliers de substances chimiques, notamment des ROS et des espèces réactives d'azote. La fumée de ci- garette environnementale contient des carcinogènes et aussi une grande quantité de substances qui forment des radicaux d'oxygène. Les oxydants réactifs et les radi- caux libres de la fumée de ciga- rette sont associés au stress oxydatif ou à des évènements oxy- datifs secondaires, tels que la pe- roxydation lipidique. Les subs- tances chimiques de la fumée de cigarette activent la perte d'eau transépidermique, la dégénéres- cence des tissus conjonctifs cutanés et une augmentation des métalloprotéinases matricielles (MMP-1, MMP-3). Fumer provoque des rides plus profondes autour des orbites.

Le vieillissement cutané prématuré du visage des fumeurs, avec un type caractéristique de rides et une décoloration orange-pourpre de la peau, a été défini comme

« visage du fumeur ». Les grands fumeurs ont 4,7 fois plus de risques d'avoir des rides faciales que les non-fumeurs, indépendamment de l'exposition au soleil, bien que la combinaison cigarette et exposition au soleil puisse avoir un effet syner- gique sur le vieillissement cutané. Une plus grande prévalence de l'acné chez les fumeurs et une cor- rélation entre la sévérité de l'acné et le nombre de cigarettes fumées a été démontrée. Il y a un effet d'hyperkératinisation des composés de la fumée de cigarette, et en particulier de la nicotine. La nico- tine peut induire l'apparition de comédons.